Altérités liminales. À propos de quelques usages contemporains de plantes psychotropes
Drogues santé et société November 13, 2017 Peer reviewed DOI: 10.7202/1041853ar via OpenAlex
Summary
The article discusses the representations and practices related to psychotropic plants, originally used in shamanic contexts and now repurposed for self-exploration. It explores the sociocultural circumstances driving this interest in post-industrial societies, such as reconnection with nature and personal development. The neo-shamanic approach is highlighted, presenting altered shamanistic models for a contemporary audience. While experiences with these illegal substances can be difficult or frightening, they are often retrospectively viewed as transformative and educational.
Study at a glance
| Population | individuals engaging with psychotropic plants in contemporary spiritual practices |
|---|---|
| Key finding | Experiences with psychotropic plants, although sometimes challenging, are often seen as transformative and educational by participants. |
Abstract
Cet article traite des représentations, discours et pratiques liés à quelques plantes psychotropes initialement employées dans les contextes shamaniques à travers le monde et désormais réappropriées dans le cadre d’une quête de soi. Après un bref retour sur les circonstances socioculturelles et les raisons individuelles de ces investissements dans les sociétés postindustrielles (reconnexion avec la nature, travail sur soi, développement personnel, recherche d’expériences fortes, rapport valorisé à l’inconnu, etc.), il présente un courant particulier dans l’offre des spiritualités alternatives contemporaines : l’approche néo-shamanique, avec ses modèles d’action inspirés des shamanismes, mais reformulés pour un public qui n’en possède pas le sens commun. La description de situations concrètes de ces prises de plantes psychotropes, illégales dans la plupart des pays, est suivie par celle des expériences vécues par les personnes les ingurgitant sous forme de breuvage. Bien qu’elles puissent parfois être pénibles, voire effrayantes psychologiquement ou physiquement, les expériences en jeu, liminales, dans un entre-deux de la conscience, sont fortes et quasiment toujours rétrospectivement envisagées comme « enseignantes » et transformatrices par les personnes impliquées. La notion de « travail » introspectif, systématiquement mobilisée et l’impact que ces expériences peuvent avoir dans leur existence distinguent ainsi ces substances psychotropes de l’usage ludique de celles communément classées dans la catégorie des drogues.