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RÉSISTANCES CONTRE LE DISCOURS DOMINANT SUR LES DROGUES : USAGES THÉRAPEUTIQUES ET RELIGIEUX DE L’AYAHUASCA DANS LE MONDE GLOBALISÉ

Hughes Brisson

Revue québécoise de droit international March 18, 2020 Peer reviewed DOI: 10.7202/1068227ar via OpenAlex

Summary

The legality and legitimacy of ayahuasca practices depend on their originating states. When these groups engage globally, they confront dominant drug discourse. The legal landscape reveals how the state understands this psychoactive infusion and its social construction. Ayahuasca practitioners also resist through media, research involvement, and lobbying. This article reviews international law and the relationship between marginalized voices and the state, examining whether it reinforces hegemonic drug views or allows for marginalized perspectives.

Study at a glance

Population ayahuasca practitioners and their interactions with state authorities
Key finding Ayahuasca practitioners face challenges in legitimizing their practices within the context of global drug discourse.

Abstract

La légalité (et donc la légitimité) des pratiques reliées à l’ayahuasca est établie dans les États de là où elles viennent. C’est surtout lorsque ces groupes (et leurs pratiques) s’impliquent dans la mondialisation, en dépassant leurs frontières d’origine, qu’ils doivent affronter l’inquisition du discours dominant sur les drogues. Le terrain juridique est sans contredit le plus foisonnant et le plus investi par les porteurs du rituel de l’ayahuasca puisque son analyse en révèle beaucoup sur la façon dont l’État comprend cette infusion psychoactive, sur le discours qu’il formule à son sujet et ultimement sur son rôle dans la construction sociale de l’ayahuasca. De plus, nous pourrons constater que les porteurs de l’ayahuasca investissent d’autres terrains de résistance afin de faire entendre leurs voix et de défendre la légitimité de l’ayahuasca : utilisation de médias, implication dans la recherche, lobbying. Nous souhaitons offrir un tour d’horizon général (droit international, États-Unis, Europe, et attention particulière sur le Canada) sur l’état des relations entre ces voix marginales et l’État, en tentant de voir si cette relation renforce la légitimation de la vision hégémonique sur les drogues ou si au contraire elle permet aux marginalisés de se faire entendre. Cet article se déclinera en deux parties. Dans la première, nous reverrons d’abord rapidement les principaux concepts théoriques qui guident ce travail (l’hybridité et la résistance), pour ensuite brièvement nous pencher sur la construction sociale des drogues et mieux définir l’ayahuasca et son rituel. Divisée en deux sections, la seconde partie est consacrée à une étude de cas sur la façon dont les porteurs du rituel de l’ayahuasca sont confrontés à l’État et au discours dominant sur les drogues dans le monde globalisé. Nous y verrons d’abord la façon dont les groupes faisant un usage religieux de l’infusion psychoactive font valoir leur légitimité devant l’État. Ensuite, nous nous pencherons sur différents cas récents impliquant l’usage thérapeutique/médicinal de l’ayahuasca lors desquels l’État est intervenu, afin de jeter un regard comparatif sur la légitimité octroyée par ce dernier selon l’usage qui en est fait.

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