Sorcellerie capitaliste et touristes pishtaco : les tensions occultes autour du tourisme d’ayahuasca chez les Shipibo de San Francisco (Amazonie péruvienne)
Journal de la Société des Américanistes January 1, 2022 Peer reviewed DOI: 10.4000/jsa.21111 via OpenAlex
Summary
The rise of 'shamanic tourism' in urban areas and Shipibo-Konibo villages has led to an increase in local sorcery practices, which are now part of the commercialization of traditional plant-based shamanism. These occult attacks target rival practitioners and tourists seeking hallucinogenic experiences, with some tourists becoming subjects of sorcery rumors. Such practices reflect resilience among Shipibo shamans in adapting to international tourism while also expressing frustration over the global appropriation of their culture.
Study at a glance
| Population | Shipibo-Konibo shamans and tourists |
|---|---|
| Key finding | Shamanic tourism has intensified local sorcery practices as a response to the commercialization of traditional shamanism. |
Abstract
L’émergence du « tourisme chamanique » dans certaines zones urbaines et dans des villages shipibo-konibo est à l’origine d’une recrudescence des pratiques sorcellaires vernaculaires, désormais intégrées au nouveau contexte sociologique de commercialisation du chamanisme végétaliste local. Ces attaques occultes visent non seulement des praticiens rivaux mais aussi des touristes en quête d’une expérience hallucinogène, dont certains deviennent à leur tour la cible de rumeurs sorcellaires. Ces pratiques et ces interprétations occultes peuvent être analysées comme autant de formes de résilience édifiées par les chamanes shipibo face à l’intégration de leurs communautés au marché du tourisme international, dans l’espoir d’en tirer profit. Elles peuvent aussi être lues comme des manifestations de frustration et d’inquiétude face à la récupération du chamanisme local par la culture globale, symptomatique des liens traditionnellement ambigus entre gringos et Amérindiens.