Dans l’ivresse mescalinique : Jean-Paul Sartre, clinicien de l’imagination ?
Cygne Noir May 27, 2026 DOI: 10.7202/1091462ar via DOAJ
Summary
AI-generated from the abstractThe paper examines the cultural and theoretical context of Jean-Paul Sartre's 1935 mescaline experiment. It argues that a psychopathological model, specifically the Jacksonian paradigm of the degradation of consciousness, operated fully in Sartre's "Notes on the Mescaline Experience" and continued to influence his eidetic description of imagination in "L'Imaginaire" (1940), despite the phenomenological reduction intended there. The authors trace how this clinical framework shaped Sartre's phenomenology and explore the emergence of a phenomenology of the sign. They hypothesize that by submitting to the hallucinogen, Sartre became a formidable clinician of imagination, pushing the pathological method to its limits and thereby discovering Contingence.
Study at a glance
| Characteristics | Historical analysis Peer reviewed |
|---|---|
| Citations | 2 |
| Key finding | The Jacksonian psychopathological paradigm of the degradation of consciousness pervaded Sartre's mescaline notes and his later phenomenology of imagination, shaping his appropriation of Heideggerian concepts and his discovery of Contingence. |
Abstract
Dans quel cadre culturel et théorique la fameuse expérimentation de mescaline par Jean-Paul Sartre s’est-elle déroulée ? En répondant à cette question, nous mettons au jour comment un modèle psychopathologique fonctionne à plein régime dans les « Notes sur la prise de mescaline » (2010 [1935]) et continue de nourrir la description eidétique de l’imagination chez Sartre, malgré la réduction phénoménologique qui est censée opérer dans L’imaginaire (1940). La mise en exergue du paradigme jacksonien dans la clinique française de la mescaline nous permettra de prendre en compte l’extraction psychopathologique du thème de la dégradation de la conscience dans la phénoménologie sartrienne. De plus, à travers cette approche historique et critique, nous sommes également attentifs à la formulation d’une phénoménologie du signe dont nous traçons les contours pour évaluer le rôle que l’intoxication mescalinique a pu jouer dans l’appropriation sartrienne des notions d’ustensilité et d’être-au-monde rencontrées chez Heidegger. Notre hypothèse est la suivante : en se soumettant à l’empire de la substance hallucinogène, Sartre s’est montré un formidable clinicien de l’imagination, poussant à son comble et redéfinissant les attendus de la méthode pathologique, en se frayant enfin une voie vers la découverte de la Contingence.