Champignons hallucinogènes d'Europe et des Amériques : mise au point mycologique et toxicologique
Annales de Toxicologie Analytique – January 01, 2004
Source: OpenAlex
Summary
Hallucinogenic mushrooms, used spiritually in Central America and recreationally elsewhere, contain psilocin and psilocybin. These compounds, key to Psychedelics and Drug Studies, induce a classic psychedelic syndrome from just a few milligrams. Over 150 potentially hallucinogenic species are recognized. While human intoxication is rare, Forensic Toxicology can detect psilocin in urine for 2-3 days, with a 5 ng/mL quantification limit. Their Chemistry and effects, relevant to Humanities and Philosophy, also prompt investigation into receptor interactions, like Nicotinic Acetylcholine Receptors.
Abstract
L'usage récréatif des champignons hallucinogènes est maintenant bien établi, en Europe et en Amérique du Nord. En Amérique Centrale, ils sont également utilisés dans un but spirituel et religieux. Les principes actifs à noyau indolique sont la psilocine et la psilocybine. Le syndrome hallucinogène causé par quelques milligrammes de psilocybine est très classique, avec dépersonnalisation, euphorie et dysphorie. Le traitement est symptomatique. La liste des espèces concernées et leur répartition sur les deux continents sont constamment révisées de manière critique par les mycologues, et nous en présentons l'état actuel. Le genre Psilocybe est le plus important, suivi par le genre Panaeolus. Le nombre d'espèces potentiellement hallucinogènes avoisine 150 et nous en présentons une liste extensive s'appuyant sur 280 références bibliographiques. Les cas prouvés d'intoxication chez l'homme restent cependant très rares et le diagnostic est essentiellement clinique. La mise en évidence et le dosage de la psilocine dans le sang et l'urine sont maintenant parfaitement réalisables par des méthodes de chromatographie liquide et de chromatographie gazeuse couplée à un détecteur de masse. Les quelques cas décrits dans la littérature indiquent, pour la psilocine, des limites de quantification de l'ordre de 5 ng/mL dans l'urine. La détection dans l'urine peut se faire pendant les 2 ou 3 jours suivants une ingestion de champignons, et les prélèvements biologiques doivent être absolument protégés de l'oxydation.