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« Ayahuasca sans ayahuasca »

José López Sánchez, Silvia Mesturini Cappo

Drogues santé et société January 1, 2025 DOI: 10.7202/1118071ar via OpenAlex

Summary

AI-generated from the abstract

A Shipibo onanya (healer) working in ayahuasca tourism perceives, narrates, and resists the instrumentalization of his practice. Maintaining the ethics of his knowledge and role requires reconfiguring practices and adapting discourses to meet international clients' projections and expectations while transforming them into patients. This shift from client to patient allows the healer to remain faithful to his apprenticeship, integrity, and "diet" (sama). Rather than reproducing tradition, he updates it amid commodification and commercialization. His healing practice connects to socio-economic and political asymmetries inherited from colonization, perpetuated by globalized neoliberal economics. Defending an ayahuasca with a "mother" against a "orphan" drug-like ayahuasca, he proposes therapeutic sessions without patients ingesting ayahuasca—an "ayahuasca without ayahuasca." This reconfigures expectations and opens perspectives beyond this context.

Study at a glance

Characteristics Qualitative study Peer reviewed
Population A Shipibo onanya working in ayahuasca tourism
Topics Ayahuasca
Key finding The onanya resists instrumentalization by transforming clients into patients and proposing ayahuasca sessions without ingestion, defending a spiritually grounded ayahuasca against a commodified version.

Abstract

Cet article montre comment un onanya 1 shipibo travaillant dans le tourisme de l’ayahuasca perçoit, raconte et résiste à l’instrumentalisation de sa pratique. Respecter l’éthique propre à son savoir-faire et à son rôle nécessite, selon lui, non seulement une reconfiguration des pratiques, mais aussi une adaptation des discours. Il s’agit de répondre adroitement aux projections et aux attentes de la clientèle internationale et, en même temps, à ce dont cette clientèle a besoin pour devenir une patientèle. Le passage du client au patient est ce qui permet à cet onanya de rester fidèle à son apprentissage et son intégrité de soignant, à sa « diète » ( sama en shipibo). L’idée n’est pas de reproduire une tradition, mais de parvenir à l’actualiser dans un contexte de marchandisation et de commercialisation. Aussi, la pratique de guérison se connecte ici également aux asymétries socio-économiques et politiques héritées de la colonisation que reconduit l’économie néo-libérale globalisée. En défense d’une ayahuasca ayant une « mère », à laquelle vient s’opposer le devenir drogue d’une ayahuasca « orpheline », émerge la proposition thérapeutique de séances d’ayahuasca sans ingestion d’ayahuasca de la part de la patientèle, une « ayahuasca sans ayahuasca ». En reconfigurant les attentes, les attitudes et les manières de faire de ses patients, cet onanya prend un positionnement et ouvre des perspectives qui vont bien au-delà de ce contexte particulier.

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